Un député islamiste radical koweïtien a menacé dimanche d'interroger le Premier ministre au Parlement après la
décision du gouvernement de faire de la musique une matière obligatoire et notée dans les programmes scolaires.
"Nous tenons le Premier ministre pour responsable de cette décision et nous appelons à l'annuler. Sinon, nous
allons user des moyens constitutionnels. Cela pourrait conduire à un interrogatoire du Premier ministre", a déclaré le député Mohammad Hayef aux journalistes.
"Nous n'allons pas permettre que nos écoles deviennent des centres de formation de danseurs", a ajouté M.
Hayef, dénonçant une tentative d'occidentaliser la société koweïtienne.
Mohammad Hayef, membre du Groupe salafiste qui prône une interprétation très stricte de l'islam prohibant la
musique, contestait une décision du ministère de l'Education rendant obligatoire les cours de musique, et les incluant dans le calcul de la moyenne des élèves.
Malgré l'opposition des islamistes radicaux, l'école publique au Koweït assure des cours de musique, mais ils
n'étaient jusqu'à présent pas notés.
"Le ministère est appelé à revenir à l'ancien système. Autrement, nous soumettrons un projet de loi pour
bannir la musique à l'école", a dit le député.
Pour leur part, des députés libéraux et indépendant ont fustigé l'attitude de Hayef, estimant qu'elle
constituait une menace pour la démocratie dans l'émirat.
"La menace de Hayef de soumettre le Premier ministre à un interrogatoire est une ode funèbre au Parlement", a
ironisé le député indépendant Fayçal al-Duwaissan dans un communiqué.
De son côté, la députée libérale Maassouma al-Moubarak a estimé que cette prise de position allait envenimer
les relations déjà tendues entre le législatif et l'exécutif.
"Une menace d'interroger le Premier ministre au Parlement mettra les relations entre l'assemblée et le
gouvernement en danger", a-t-elle ajouté.
Au cours des dernières années, le gouvernement koweïtien a durci la réglementation sur les concerts de
musique, sous la pression des députés islamistes et conservateurs, influents au Parlement.
Ainsi, selon les nouvelles règles, les hommes et les femmes doivent être assis séparément lors des concerts
et l'audience ne peut absolument pas danser.
Il y a quelques mois, un concert donné par le chanteur de pop égyptien, Tamer Hosni, a été interrompu par des
agents du ministère de l'Information après qu'une adolescente était montée sur scène pour tenter d'embrasser le chanteur.
AFP via Romandie
08/11/2009