http://www.cyberpresse.ca/article/20060924/CPACTUALITES/60924062
Un lien qui nous montre des faits connus ailleurs notemment en Europe où parfois les situations sont ingérables. Les caprices sont trop contradictoires pour être gérés sereinement dans un esprit médical. Par exemple :
<<Tous les arrangements ont été pris pour cette musulmane pratiquante qui refuse d'être examinée par un homme. De l'infirmière à la radiologiste, la patiente devait passer entre des mains exclusivement féminines. Manque de pot, la technicienne en radiologie tombe malade le jour de l'examen et aucune femme n'est disponible pour prendre le relais. Quand il a vu qu'un homme s'apprêtait à sonder l'utérus de son épouse, le mari «a réagi très fort», raconte Ewa Sidorowicz, directrice des soins professionnels de cet hôpital.>>
Les incidents de ce genre se multiplient et le personnel soignant a du faire une réunion spéciale pour ces cas. Au point que la moindre demande est scrutée par les avocats afin d'envisager un recours en justice du patient. Parfois les demandes sont assez hypocrites comme le montre cet extrait:
<<Vania Jimenez, médecin au CLSC Côte-des-Neiges, suivait une femme d'origine pakistanaise qui avait besoin d'une césarienne. Le mari exigeait que celle-ci soit pratiquée par une femme. «Votre femme a déjà subi trois césariennes au Pakistan et vous allez me dire qu'elle n'a jamais été opérée par un homme? Il y a donc beaucoup de chirurgiennes au Pakistan?» a ironisé le Dr Jimenez. «D'accord, vous avez raison», a alors convenu le mari protecteur. Parfois, la culture a le dos large.>>
En France aussi on a des cas
-L'homme ne dissimule pas sa peur. « Je me sens exposé, à la merci d'un type qui débarque dans mon bureau, ou même chez moi, et me frappe... » Les mots sortent en rafale. « Mes collaborateurs subissent la même tension, nous sommes traumatisés. Nous en sommes à installer des caméras partout, à fliquer notre établissement... » C'est un grand professeur de médecine qui parle ainsi. Israël Nisand est chef du service de gynécologie-obstétrique du CHU de Strasbourg.
-Il y a quelques semaines, une assistante sociale a été agressée dans son bureau. Deux inconnus ont surgi, ils lui ont lancé : « On va vous apprendre à vous occuper de nos femmes ! » Ils l'ont giflée. Puis ils ont frappé la tête de cette femme sur sa table. L'un des deux hommes lui a arraché son tee-shirt et a écrit au marqueur rouge « Mohamed » sur son ventre. Avant de prendre la fuite, les agresseurs ont inscrit sur le mur : « Sale juive ». « Nous sommes confrontés à la violence permanente des maris de nos patientes, dit le médecin. Le phénomène croît en fréquence et en gravité depuis trois à quatre ans. » Une violence guidée par des particularismes religieux ou culturels, et qui s'installe. « Deux jours avant l'agression de notre assistante sociale, poursuit-il, nous avons vu arriver deux hommes turcs avec une petite fille de 12 ans. Ses accompagnateurs voulaient qu'on lui dresse un certificat de virginité. Nous avons refusé, ils ont hurlé... » L'autre jour, un homme, turc lui aussi, exigeait que sa femme soit examinée par un médecin femme. « On lui a expliqué qu'on ne pouvait pas sélectionner le personnel soignant sur son sexe, se souvient Nisand, il a répondu : "Mais le service public vous y oblige !" Quand ma secrétaire a nié, il a rétorqué : "On vous aura !" ».
- Cas extrême, certes. Mais, au quotidien, d'autres comportements contrecarrent les usages habituels. Certaines musulmanes pratiquantes n'ont pas de relation directe avec l'équipe soignante. « On est obligé de passer par le mari : lui seul peut nous parler, constate Isabelle Allais, infirmière à l'hôpital intercommunal de Créteil.
-Mais comment avoir une confiance absolue quand les hospitaliers eux-mêmes affirment un parti pris ? « De plus en plus de soignants pratiquent leur religion dans l'enceinte de l'hôpital, observe Isabelle Lévy. Des médecins qui s'absentent de leur service pour faire leur prière ou refusent de prendre des gardes le samedi parce que l'on ne doit pas travailler, un infirmier qui enseigne le Coran dans l'office.» L'Académie de médecine.
-L'intervention du marabout. Dans certains cas, il est demandé l'arbitrage des autorités spirituelles. Ce gynécologue raconte comment il a dû demander au recteur de la mosquée d'intervenir parce que l'une de ses patientes, qui attendait un bébé présentant une malformation grave, refusait toute exploration d'amniocentèse et a fortiori d'IVG. L'imam, consulté par son mari, traditionaliste, s'y opposait.
-Avec le temps, l'hôpital s'est organisé. D'abord, une circulaire du 2 février 2005 de l'administration hospitalière a précisé noir sur blanc le cadre des relations entre laïcité et liberté religieuse. « Depuis les affaires du voile, les choses se sont clarifiées, assure le professeur Bassam Haddad, responsable de la maternité à l'hôpital de Créteil. On précise lors de la première consultation aux patients le système des tours de garde et l'impossibilité de choisir son médecin à l'avance. Nous n'assurons pas un service à la carte... » Dans les hôpitaux, il devient courant de prévenir les patients de l'état du droit. La communication, paraît-il, favorise la sérénité. Mais il en faut plus pour décourager les opiniâtres... « Certains se renseignent pour savoir quel médecin est de garde... », constate une sage-femme.
La laïcité à l'hôpital doit être un fait. Quand on est malade on s'en remet à des professionnels avec la seule exigence d'être soigné. La aussi la raison prime sur la religion. On ne peut pas accepter que des patients passent devant d'autres sous des prétextes religieux, c'est la gravité des cas qui doit ordonner la file d'attente. La santé est encore du domaine public la laïcité doit donc s'y appliquer , elle fait partie de la vie de la cité et elle doit le rester le plus possible car si le domaine privé y reigne alors le clientélisme et le communautarisme vont y devenir maitre. Le personnel soignant est là pour soigner et pas pour envisager ou anticiper des recours en justice ou des actes de violences.
Source: le point 06/04/06 - N°1751 - Page 66
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