Le gouvernement Sarkozy s'appreterait à favoriser l'implantation de classes catholiques dans les quartiers en difficultés. Un véritable Fonds
d'intervention spécifique va être mise en place pour subventionner une cinquantaine de classes dans les cités dès septembre 2008.
Cette mesure risque de remettre en cause la règle du 80-20, 80% des enseignants pour le public, 20% pour le privé. Quand le nombre de postes diminue dans le premier, il baisse en proportion dans le
second. Une arithmétique déclinée inlassablement depuis plus de vingt ans. Or en créant le « Fonds », le gouvernement ébranle ce principe : les postes affectés à ce dispositif dépendraient d'une
ligne budgétaire particulière, et viendraient s'ajouter aux 20% traditionnels. Leur nombre est faible, mais tout de même.
Daniel Robin, responsable des questions de laïcité au Snes-FSU prévient : «Cette décision, prise en catimini, risque de déclencher un conflit majeur avec les professeurs du public. Nous
n'accepterons pas que l'Etat supprime des postes en masse dans les ZEP [zones d'éducation prioritaire] et finance parallèlement l'arrivée d'établissements catholiques ! Nous venons de faire grève,
je le rappelle, contre la liquidation de 11.200 postes à la rentrée prochaine ! La dernière fois qu'un gouvernement a prétendu favoriser le privé, un million de Français sont descendus dans la
rue...».
Le 7 septembre 2007 des responsables de l'enseignement catholique avaient rencontré Sarkozy et Fernand Girard confié « En ressortant de l'Elysée, on s'est dit : "Cette fois, ça y
est ! Il va nous aider".Simplement, on se savait pas encore quelle forme ça prendrait ».
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