A l'automne 2007, Perwiz Kambakhsh Sayed, journaliste du quotidien Jahan-e Naw et étudiant a été arrêté pour blasphème. Dans un article qu'il
aurait écrit il est accusé de s'être moquée de l'Islam en affirmant que Mahomet avait ignoré le droit des femmes. Des journalistes ont demandé sa libération à Mazar-i-Sharif.
Le 20 janvier 2008 l'AIJA (Association des journalistes indépendants) a rejeté dimanche les accusations de blasphème portées contre Perwiz Kambakhsh Sayed. Le président de l'association,
Rahimullah Samandar, a fait ces déclarations lors d'un point presse : "L'une des accusations porte sur l'article. Le procureur pensait que Perwiz l'avait écrit, mais preuve a été faite qu'il n'en
était pas l'auteur", "Lire un article n'est pas un péché. Nous voulons sa libération immédiate", a-t-il ajouté.
Il évoque d'autres raisons que le blasphème : "Nous estimons que sa détention est un moyen de pression contre son frère, M. Ibrahimi, auteur d'articles contre les autorités locales", a ajouté M.
Samandar. "Il y a des gens qui ont monté le conseil des Oulémas contre lui. Ils en ont fait une affaire politique pour faire pression sur Ibrahimi".
Ce lundi 21 janvier 2008 le procureur provincial, Hafizullah Khaliqyar, a déclaré à la presse : «Les journalistes soutiennent Kambakhsh. J'arrêterai tout journaliste qui tenterait de le soutenir
après ceci», il ajoute : «Kambakhsh a confessé avoir commis le crime et doit être puni».
Le 31 janvier 2008 environ 200 manifestants à Kaboul ont demandé la libération du journaliste. A l'appel d'un groupement encore inconnu, appelé Solidarité nationale ils ctiaient ou affichaient
"Perwiz, le peuple est avec toi", "Unissons-nous contre les menaces et le fascisme des seigneurs de la guerre". Ils reprochent l'absence de défense lors du procès et demadent à l'ONU d'intervenir.
Le Sénat afgan avait affirmé qu'il soutenanit la condamnation lundi 28, ce jeudi il se rétracte.
Le 25 février a donné un entretien au journal anglais The Independant dans lequel il affirme que son procès a duré 4 minutes. Il a expliqué "Il n'était pas question pour moi d'avoir un avocat pour
me représenter; en fait je n'ai même pas pu parler pour me défendre","Les juges se sont fait leur opinion sans moi", a-t-il accusé. "La manière dont ils me parlaient, me regardaient, était celle
dont on regarde un homme déjà condamné. Je voulais dire: + C'est faux, s'il vous plaît écoutez-moi+, mais on ne m'a donné aucune chance de m'expliquer.".
Le 28 mars 2008 Perwiz Kambakhsh Sayed est transféré dans une prison de Kaboul pour son procès en appel qui doit avoir lieu prochainement. Pour Reporters Sans Frontières (RSF) "Son transfert à
Kaboul laisse espérer que sa procédure en appel ne sera pas soumise aux influences de religieux fondamentalistes".
Le 26 mai 2008 lors d'une manifestation à Mazar-i-Sharif, des participants appelaient à la mort de Perwiz Kambakhsh Sayed.
Le 8 juillet 2008 des centaines de journalistes ont
manifesté dans 15 régions d'Afghanistan en faveur de Perwiz Kambakhsh Sayed.
PROCES
RSFnous apprend que Perwiz Kambakhsh Sayed a été condamné à mort par un tribunal de Mazar-i-Sharif dans un procès tenu à huis clos. La famille a annoncé
qu'elle allait faire appel alors que les confrères journalistes affirment qu'il n'est pas l'auteur de l'article qui proviendrait de cesiteiranien.
Le gouvernement afghan précise que la condamnation n'est pas définitive et que Perwiz Kambakhsh Sayed a été condamné pour avoir distribué sur un campus universitaire des prospectus jugés
blasphématoires par un tribunal.
Le 25 février, Perwiz Kambakhsh a donné un entretien au journal anglais The Independant dans lequel il affirme que son procès a duré 4 minutes. Il a expliqué "Il n'était pas question pour moi
d'avoir un avocat pour me représenter; en fait je n'ai même pas pu parler pour me défendre","Les juges se sont fait leur opinion sans moi", a-t-il accusé. "La manière dont ils me parlaient, me
regardaient, était celle dont on regarde un homme déjà condamné. Je voulais dire: + C'est faux, s'il vous plaît écoutez-moi+, mais on ne m'a donné aucune chance de m'expliquer."
L'APPEL
Le 18 mai 2008 a commencé l'audience en appel du journaliste Perwiz Kambakhsh Sayed. Le tribunal lui a donné jusqu'à dimanche prochain pour préparer sa défense. Le journaliste a fait état de
torture qu'il aurait subit.
Le verdict du procès en appel a été reporté au 1er juin par un tribunal de Kaboul le 25 mai 2008. La raison officielle avancée par la justice afghane est « l’état de santé de
l’accusé ».
Le 1er juin Perwiz Kambakhsh Sayed a été conduit dans un hôpital à sa demande. Son avocat, Mohammad Afzal Nuristani a déclaré : "Mon client a été torturé alors qu'il se trouvait en prison. Il a eu
le nez fracturé et le poignet endommagé", et a ajouté : "Je demande en conséquence qu'il soit conduit dans un hôpital pour des examens".
REACTIONS
Une dépêche Reuters nous apprend le 18 janvier 2008 que le Parlement européen a appelé au président afghan Hamid Karzaï d'intervenir dans cette affaire. Hans Gert Poettering demande
que la vie du journaliste soit épargnée.
Reporters dans frontières s'inquiète des pressions exercées par les religieux pour que Kambakhsh soit conduit vers la peine capitale. Des journalistes ont demandé sa libération mais le Conseil des
Mollahs a mis en garde le gouvernement contre cette éventualité.
Le 26 janvier 2008 des religieux afghans se réjouissent de la condamnation à mort de Perwiz Kambakhsh Sayed. "Nous nous félicitons du jugement du tribunal", a déclaré Asadullah Sajid, un des
principaux dirigeants du Conseil islamique de la province est de Nangarhar (Est de l'Afghanistan). Il ajoute : "Nous demandons fermement à la communauté internationale d'éviter de se méler des
décisions de l'Afghanistan".
Le 25 janvier 2008, la présidente du groupe communiste au Sénat français Nicole Borvo a demandé l'annulation de la condamnation à mort et la remise en liberté de Perwiz Kambakhsh Sayed. Dans
une lettre elle exprime sa "profonde indignation", elle affirme que "La liberté d'expression est un droit fondamental et qui doit être garanti en tout pays" et demande que le journaliste "voie sa
condamnation annulée et puisse retrouver sa liberté".
Le 29 janvier 2008 Moscovici affirme dans un communiqué : "Le Parti socialiste demande à l'Union européenne et au gouvernement français, silencieux jusqu'à aujourd'hui, de rappeler aux autorités
afghanes combien l'émergence d'une autorité politique respectueuse des libertés démocratiques contribuera à la paix et à la stabilité de l'Afghanistan".
Le ministre belge des Affaires étrangères, Karel De Gucht, a annoncé vendredi (1er février 2008) qu'il allait rencontrer l'ambassadeur d'Afghanistan en Belgique pour lui demander des
"explications" sur la peine capitale prononcée la semaine dernière. Après délibération avec le Premier ministre Guy Verhofstadt, il a décidé d'inviter l'ambassadeur afghan à Bruxelles pour
"concertation et explication".
Aux Etats-unis, Tom Casey porte-parole du département d'Etat faite savoir le 25 janvier 2008 : "Nous sommes inquiets de cette condamnation qui a visé un journaliste pour avoir globalement
exercé sa profession","Et nous ne voudrions pas que des mesures soient prises qui limiteraient sa liberté d'expression ou celle de quiconque et la liberté de la presse".
En Allemagne, le 27 janvier 2008, "Soyez sûr que je vais protester auprès du gouvernement afghan contre ce type de comportement, comme je l'ai fait dans des cas précédents", a assuré M.
Steinmeier ministre allemand des Affaires étrangères.
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