La Tariqa Tijania est une confrérie islamique qui vient de tenir une réunion à Fès sous le patronnage du roi Mohamed VI. Elle est organisée par le ministère des Habous et des
Affaires islamiques avec la participation des maîtres soufis, de savants et des disciples et adeptes de cette confrérie venus de plus de quarante pays.
Le but de cette confrérie est d'"ordonner le bien et réprimander le mal" et de "défendre la justice, mais à travers l'abstinence et la modération".
Pour ses partisans il n'y a pas de Tariqa Tijania en dehors du Coran et de la Sunna et l'application de la charia est un objectif à poursuivre.
Extrait de la dépèche MAP :
<<La Tariqa Tijania est une voie ouverte et accessible à tout croyant musulman qui déploie un effort continu pour demeurer dans les normes Mohammadiennes que comportent à la fois la Charia et
la Sounna, ont-ils affirmé.>>
Source : MAP
A noter la présence des soufis qui ne trouvent rien à redire sur la charia selon cette dépèche MAP. Charia signifie, entre autres, tuer un apostat, tuer un homosexuel, interdire le mariage
entre une musulmane et un non-musulman. Mais ils sont considérés comme modérés car très courageusement ils condamnent Ben Laden bien sûr....
On ne peut pas définir ainsi la sharî'a, messieurs. Il est très facile d'en dire du mal quand on sait de quelle époque et de quel contexte sociétal est est le produit, on doit aussi effectivement reconnaître que les choses dont vous parlez sont issues de son développement par les docteurs de la Loi, mais vous faites ici une erreur, comme je l'ai fait longtemps moi-même. En effet, la sharî'a est constituée des prescriptions du Qûr'an et de la Sunna, c'est à dire des prescriptions du Prophète. Ce code légal il y a 14 siècles dévelloppé sous la contrainte de la nécessité et d'une résistance face à La Mecque et ses persécutions contre Médine n'a pas prétention à l'intemporalité, mais ses fondements sont justes, et tout musulman défendra cette justesse. Penser qu'une prescription divine est définitive est en effet contraire à la logique réelle de la sharî'a qui connu des abrogations du vivant même du prophête. Ce qu'il faut ce n'est pas la renier, mais retravailler sur son sens et sa portée, c'est comprendre aussi que seuls les aspects personnels ont cours dans les sociétés contemporaines qui sont bien plus multi-culturelles, c'est laisser l'individu affronter son propre jugement et prendre ses responsabilités devant ses choix, ses actes, leur gravité, leurs conséquences. Vous ignorez les pressions que subissent les ésotéristes soufi face à l'exotérisme fondamentaliste, ce dans tous les pays. Vous négligez qu'on ose dire d'eux dans les mosquées en France qu'ils sont une secte et qu'ils mènent qui les suit à l'égarement, qu'ils font du shirk et qu'ils associent leur propre ego à Dieu, ou qu'ils blasphèment. Dire que l'on respecte la sharî'a et qu'on a rien à y redire c'est pour eux dans ce contexte une ultime tentative de faire réaliser à ceux qui l'ignorent qu'ils n'agissent en rien en contradiction avec le mode de vie, le comportement et l'état intérieur que la sharî'a dévelloppe. C'est en étant dans la sharî'a qu'ils peuvent continuer d'exister et d'insuffler l'amour là ou coule tant la rigueur. Lisez un peu Ibn Arabî ou même Faouzi Skali, peut être comprendrez vous que sous le mot sharî'a, se trouve un sens qui n'est pas forcement ce que notre société lui prête. Après tout, n'est-ce pas le propre des mots?
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