Choqués par l'ingérence de plus en plus grande d'une partie du clergé dans la vie politique, des fidèles officialisent leur «apostasie».
La petite ville de Rivas, au sud de Madrid, est devenue le rendez-vous des « apostats ». Alors que la semaine sainte bat son plein avec des centaines de processions religieuses célébrées dans tout le pays, ici dans cette banlieue rouge, le bureau des droits et libertés publiques, hébergé dans le bâtiment de la mairie, ne désemplit pas. Depuis son ouverture début mars, plus de 1 000 personnes ont déjà déposé leur dossier pour se démarquer officiellement de la religion catholique. Deux avocats engagés par la municipalité communiste se chargent de remettre à l'archevêque de la région la demande du chrétien renégat et d'en fournir une copie à la paroisse où le catholique a été baptisé.
Cette démarche, somme toute formelle, a aussitôt remporté un franc succès au grand dam de la conférence épiscopale espagnole. De
tout le pays, la mairie de Rivas reçoit des demandes d'apostasie. À en croire l'avocat Miguel Sanguino, les sollicitations les plus nombreuses viennent des régions où les archevêchés sont les
plus conservateurs, comme à Valence, en Andalousie ou en Castille-Leon. « Dans ces provinces, les évêques font la sourde oreille. Ils font traîner les demandes, voire font exprès de les
perdre », assure-t-il. suite
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