Dimanche 11 mai 2008
Vous avez annoncé votre intention d’arrêter le syndicalisme pour vous « occuper » de Jocelyn Grégoire. Après la lutte des
classes, la chasse à la soutane ?
Non, c’est une mauvaise interprétation. Vous savez, un syndicat, c’est un tourbillon d’opinions, de convictions, de tendances. En 36 ans de syndicalisme, j’ai toujours respecté ces opinions, jamais je n’ai imposé ma ligne politique. Mais aujourd’hui, certains travailleurs dépassent les bornes. Faire du syndicalisme devient trop difficile quand les gens se retranchent derrière le sectarisme ethnique ou religieux. Donc, je prends mes distances.
De toute façon, le syndicalisme, pour moi, n’a toujours été qu’un moyen. Faire de la politique est un objectif beaucoup plus important.
Au point de sacrifier votre activité syndicale sur l’autel d’une croisade anti-Grégoire. Vous avez perdu la tête ?
Mais non, lisez la société mauricienne ! Je ne fais pas une fixation sur Grégoire. Lui, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Avant lui, on a eu le Hizbullah, la Voice of Hindu. Il y a une résurgence des forces obscurantistes dans le pays. Grégoire étant prêtre, je m’attendais à un autre comportement de sa part. Si des personnes comme lui s’y mettent, c’est que Maurice va mal et qu’il est temps de réagir.
Si vous n’avez pas perdu la tête, vous avez peut-être trouvé un nouveau combat…
Pas du tout. Comment voulez-vous que je reste tranquille quand un homme d’Église – une Église importante qui plus est – prépare conneries sur conneries ? Gardez le silence m’est impossible.
De quelles « conneries » parlez-vous ?
Par exemple, remplacer le terme « population générale » dans la Constitution. Je n’ai jamais vu une bêtise pareille !
C’est pour cela que Bizlall est à Grégoire ce que Marx est à Jésus-Christ ?
Non seulement Grégoire incarne plusieurs dangers, mais il tue au passage la lutte des classes.
Et votre gagne-pain avec…
Vous m’insultez en disant ça ! La lutte des classes ne m’appartient pas. Je ne fais que prendre mes distances pour aller mener le combat là où il doit l’être. À Maurice, les forces capitalistes ne sont pas les plus dangereuses. Des forces obscurantistes resurgissent, elles sont un danger pour la démocratie et les libertés.
C’est qui les forces obscurantistes ?
Toutes les forces religieuses qui font de la race et de l’ethnicité une lutte. J’ai l’impression que personne ne réalise ce que représentent le Hizbullah ou la Voice of Hindu. Je répète que je ne fais pas une fixation sur Grégoire.
Qu’allez-vous faire : un bon sermon contre l’abbé ?
D’abord, essayer de comprendre ce qui se passe. Je vais sillonner les pays, provoquer des rencontres. Je suis en quête de dialogue, de temps, d’espace.
Le syndicalisme, ça occupe votre temps de 7 heures du matin à 7 heures du soir. Per-sonne ne mesure ce qu’est ma vie depuis 36 ans. Je n’ai plus le temps de réfléchir, plus le temps de dialoguer, il fallait que ça change. Donc, en juillet, à mon retour de Rodrigues, j’arrête toute activité syndicale pour me consacrer entièrement à la politique.
Vous laissez des syndicats à l’agonie, ça vous fait mal ?
Beaucoup de choses me font mal sur le plan syndical. À commencer par l’apolitisme grandissant des fédérations : c’est pour ça que des travailleurs se tournent vers des organisations obscurantistes. Je crois aussi que la multiplicité des cellules affaiblit l’unité syndicale et que la bu-reaucratie fait pas mal de dégâts. Les syndicalistes eux-mêmes me font mal. Beaucoup n’ont ni formation, ni idéologie. Sans compter ceux qui passent leur temps à se battre pour un voya-ge ou pour un poste. suite
Non, c’est une mauvaise interprétation. Vous savez, un syndicat, c’est un tourbillon d’opinions, de convictions, de tendances. En 36 ans de syndicalisme, j’ai toujours respecté ces opinions, jamais je n’ai imposé ma ligne politique. Mais aujourd’hui, certains travailleurs dépassent les bornes. Faire du syndicalisme devient trop difficile quand les gens se retranchent derrière le sectarisme ethnique ou religieux. Donc, je prends mes distances.
De toute façon, le syndicalisme, pour moi, n’a toujours été qu’un moyen. Faire de la politique est un objectif beaucoup plus important.
Au point de sacrifier votre activité syndicale sur l’autel d’une croisade anti-Grégoire. Vous avez perdu la tête ?
Mais non, lisez la société mauricienne ! Je ne fais pas une fixation sur Grégoire. Lui, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Avant lui, on a eu le Hizbullah, la Voice of Hindu. Il y a une résurgence des forces obscurantistes dans le pays. Grégoire étant prêtre, je m’attendais à un autre comportement de sa part. Si des personnes comme lui s’y mettent, c’est que Maurice va mal et qu’il est temps de réagir.
Si vous n’avez pas perdu la tête, vous avez peut-être trouvé un nouveau combat…
Pas du tout. Comment voulez-vous que je reste tranquille quand un homme d’Église – une Église importante qui plus est – prépare conneries sur conneries ? Gardez le silence m’est impossible.
De quelles « conneries » parlez-vous ?
Par exemple, remplacer le terme « population générale » dans la Constitution. Je n’ai jamais vu une bêtise pareille !
C’est pour cela que Bizlall est à Grégoire ce que Marx est à Jésus-Christ ?
Non seulement Grégoire incarne plusieurs dangers, mais il tue au passage la lutte des classes.
Et votre gagne-pain avec…
Vous m’insultez en disant ça ! La lutte des classes ne m’appartient pas. Je ne fais que prendre mes distances pour aller mener le combat là où il doit l’être. À Maurice, les forces capitalistes ne sont pas les plus dangereuses. Des forces obscurantistes resurgissent, elles sont un danger pour la démocratie et les libertés.
C’est qui les forces obscurantistes ?
Toutes les forces religieuses qui font de la race et de l’ethnicité une lutte. J’ai l’impression que personne ne réalise ce que représentent le Hizbullah ou la Voice of Hindu. Je répète que je ne fais pas une fixation sur Grégoire.
Qu’allez-vous faire : un bon sermon contre l’abbé ?
D’abord, essayer de comprendre ce qui se passe. Je vais sillonner les pays, provoquer des rencontres. Je suis en quête de dialogue, de temps, d’espace.
Le syndicalisme, ça occupe votre temps de 7 heures du matin à 7 heures du soir. Per-sonne ne mesure ce qu’est ma vie depuis 36 ans. Je n’ai plus le temps de réfléchir, plus le temps de dialoguer, il fallait que ça change. Donc, en juillet, à mon retour de Rodrigues, j’arrête toute activité syndicale pour me consacrer entièrement à la politique.
Vous laissez des syndicats à l’agonie, ça vous fait mal ?
Beaucoup de choses me font mal sur le plan syndical. À commencer par l’apolitisme grandissant des fédérations : c’est pour ça que des travailleurs se tournent vers des organisations obscurantistes. Je crois aussi que la multiplicité des cellules affaiblit l’unité syndicale et que la bu-reaucratie fait pas mal de dégâts. Les syndicalistes eux-mêmes me font mal. Beaucoup n’ont ni formation, ni idéologie. Sans compter ceux qui passent leur temps à se battre pour un voya-ge ou pour un poste. suite
Derniers Commentaires