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Vendredi 15 décembre 2000

Elu sénateur en 1885, il devient l'un des leaders du radicalisme. On constate que le Sénat, pourtant conçu au départ par la droite pour tenter d'établir un fief conservateur, attire aussi des hommes de gauche. Son siège lui permet en effet de participer à la formation d'un groupe appelé la "Gauche démocratique", qu'il dirigera en 1894. Il succède à Waldeck-Rousseau à la présidence du Conseil (mai 1902). Il profite d'une confortable majorité par 368 contre 220, dont 48 socialistes, 90 radicaux-socialistes, 129 radicaux et 99 républicains divers. La Délégation des Gauches (Union Démocratique, Radicaux, Radicaux-Socialistes et Socialistes) se réunit avec le Cabinet pour régler les problèmes susceptibles de surgir. Combes établit ainsi avec la Chambre un dialogue constant. Jean Jaurès y gagne un rôle prépondérant. Combes évite le plus souvent possible le Sénat, pour se rapprocher de l'idéal républicain: une Assemblée unique et souveraine. Il veut aussi utiliser tous les moyens pour favoriser les amis du régime, contre ses ennemis. Une circulaire de Combes aux préfets, le 20 juin 1902, demande ainsi de favoriser "des personnages et des corps sincèrement dévoués au régime". Il épure l'administration, la magistrature et l'armée afin d'asseoir durablement l'encadrement républicain et laïque de l'État. Les radicaux deviennent une composante essentielle de la IIIème République.

L'anticléricalisme dont il fait preuve est relativement paradoxal pour un homme issu d'un milieu religieux et destiné à la prêtrise. C'est pourtant avec intransigeance qu'il applique les lois de 1901 et 1904 sur le droit des associations et la liberté d'enseignement des congrégations religieuses : plus de 2 500 établissements d'enseignement privés sont alors fermés. Les catholiques résistent, et l'on doit employer la force. Toutes les congrégations de femmes sont dissoutes, seules cinq congrégations d'hommes restent. Combes considère que la lutte contre l'Eglise fortifie et glorifie la République. Il finit par s'engager dans un conflit avec le Vatican au sujet de l'interprétation du Concordat de 1801. Combes profite de la succession de Léon XIII, qui voit arriver un pape intransigeant, Pie X. Aussitôt, l'ambassade de France auprès du Vatican est retirée, sans rompre les relations diplomatiques avec le Saint-Siège. Combes n'est pas véritablement opposé au Concordat, est même farouchement opposé à une séparation de l'Eglise et de l'Etat, ce qui peut sembler paradoxal. En vérité, il a besoin de cet instrument de pression qui lie l'Eglise à l'Etat. S'en séparer, c'est prendre le risque d'un renouveau de l'Eglise. Preuve en est qu'il conserve un contact permanent, bien que ténu, entre l'État et l'Eglise. De même, en 1902, il repousse 8 propositions pour les ranger dans une commission le 11 mars 1903 pour examiner ces propositions et rédiger un projet de loi.

Attaqué par les catholiques, puis progressivement par les socialistes, l'affaire des fiches va causer sa ruine. Il s'agit en fait de fiches de renseignements sur les opinions politiques et religieuses des officiers. La révélation de ce procédé, dans la droite ligne du combisme, dénoncé à la tribune, fait tomber la majorité ministérielle à quatre voix, le 28 octobre 1904. On reproche à Combes un système de délation s'étendant à toutes les administrations. Paul Doumer reproche à Combes d'être "un républicain récent attaché aux procédés bonapartistes". Sans attendre d'être mis en minorité, Combes et son ministère se retirent le 19 janvier 1905.

Symbole de la politique anticléricale et prologue à la séparation de l'Église et de l'État, l'expression « combisme » s'impose. Pourtant, Émile Combes, souvent tenu pour unique responsable de la crise sociale, politique et religieuse en germe, ne fait que traduire en actes le militantisme du bloc des gauches (radicaux et socialistes). Mais l'anticléricalisme dans lequel les gauches s'étaient réunies est une impasse. La France se montre impossible à déchristianiser, et le front républicain se divise. La séparation des Églises et de l'État en 1905 y mettra un terme

Wikipédia

par laiciste publié dans : Textes
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