La naissance, l'éducation, l'armée, le mariage, le divorce, le jour chômé ou non du sabbat: soixante ans après la création de l'Etat juif, ces questions font toujours l'objet d'âpres controverses entre laïcs et religieux.
C'est qu'à travers ces différents aspects - politiques, sociaux et culturels - la confrontation touche à l'identité même d'un État qui se veut à la fois "juif et démocratique".
"Ce conflit fissure la société, mais sans la fracturer. Au fil des années les Israéliens ont appris à vivre avec", estime le sociologue Menahem Friedman.
"Cela vient du fait que les religieux ne croient plus à la possibilité d'imposer la loi religieuse (halakha) et les laïcs ont abandonné le rêve d'une révolution séculière qui ferait table rase de 2000 ans de passé juif", souligne ce professeur de l'université religieuse Bar Ilan, près de Tel Aviv.
"Le conflit peut prendre des formes spectaculaires et plus rarement violentes. Mais la société israélienne (à l'exception de la minorité arabe) s'est construite à travers lui", souligne ce chercheur.
Il constate un phénomène paradoxal: "au niveau politique, le camp religieux se renforce. Au niveau culturel, en revanche, le camp laïc a acquis une position hégémonique".
De fait la littérature, le cinéma et la musique et même les vêtements des Israéliens reflètent un mode de vie fort éloigné des préceptes de la tradition.
Mais en même temps, le camp religieux "a considérablement accru son poids politique grâce à une démographie galopante, qui risque de produire à terme une explosion sociale", note le professeur Friedman.
De fait, la proportion des élèves de l'enseignement primaire dans les écoles ultra-orthodoxes, est passée de 1948 à 2008 de 6,6% à 26,5% alors que l'enseignement des matières séculières (sciences, langue, histoire) y est minimal.suite
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