Face à l'émergence d'autres instances représentatives, sa puissance appartient désormais au passé.
Le Consistoire a 200 ans. Cet organe central du culte, créé par Napoléon en 1808 pour mieux encadrer les Juifs, a survécu aux chaos de l'histoire. Jusqu'à devenir le modèle de l'intégration d'une communauté religieuse dans la nation. Mais les commémorations qui se succèdent, comme celle qui aura lieu mardi soir à la synagogue de la Victoire en présence du premier ministre, portent leur part de nostalgie.
La puissance du Consistoire appartient, semble-t-il, au passé. Endetté, affaibli par la montée en puissance du Crif, la représentation politique de la communauté, le Consistoire est aussi fragilisé sur son terrain : le religieux. «Le judaïsme consensuel qu'il incarne est chahuté», affirme la sociologue des religions Martine Cohen, du CNRS. D'un côté, les communautés orthodoxes, notamment les Loubavitchs, connaissent un nouvel essor. De l'autre, le judaïsme libéral, longtemps embryonnaire en France, se développe. «Cette organisation centralisée du culte a fait que la France est restée à l'écart du mouvement de diversification qui a traversé le judaïsme au XIXe siècle, en Europe et aux États-Unis», explique l'historienne Rita Hermon-Belot.
Si, en province, les consistoires, calqués sur le modèle de la paroisse, restent l'épicentre de la vie juive, la situation s'inverse en région parisienne où vivent la moitié des 600 000 Juifs de l'Hexagone. De nouvelles synagogues se sont créées ces dix dernières années, par affinités, par rites, on se regroupe entre Oranais, Ashkénazes ou Marocains, plus près des nouvelles zones de résidence. Car les Juifs ont peu à peu, quand ils le pouvaient, déserté les banlieues qui les avaient accueillis dans les années 1960, à leur arrivée du Maghreb. Les anciennes synagogues subsistent, affaiblies. Les nouvelles s'édifient, souvent sans l'aide du Consistoire.
Parfois, ce sont de simples lieux de prière, dans un appartement, ou une cave de HLM aménagée. Mais de belles synagogues luxueuses sont aussi
apparues. Ces communautés ne sont pas forcément dissidentes, mais vivent de façon autonome, sans rien reverser au consistoire de Paris (ACIP), qui continue pourtant, comme le rappelle son
président Joël Mergui, d'assurer les principaux services, comme le mariage, les enterrements, la kashrout.suite
Voici un extrait de la fin de l'article où l'on apprend que l'Etat français a donné 150 000 euros à
une organisation juive:
<<Pourtant, l'État français reste attaché à cette institution. Pour financer les commémorations, le ministère de l'Intérieur a versé près de 150 000 euros à une association
juive. Une aide détournée. Sans être exceptionnelle, la démarche témoigne du malaise financier d'un Consistoire qui affiche un million d'euros de déficit cette année. Et confirme la volonté de
l'État de voir survivre cet interlocuteur qui a permis le développement d'un judaïsme consensuel.>>
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